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 Service psychiatrique de campagne

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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Service psychiatrique de campagne   Dim 28 Oct 2012 - 20:28

Parfois, il suffit de rajouter "de campagne" à quelque chose pour que ça lui enlève une partie de son sens.
Ainsi, quand on vous parle d'une route de campagne, vous savez d'avance que vous allez vous retrouver dans un véritable bourbier.

Aslan a donc amené Kate dans sa chambre, sa chambre de campagne bien sûr, celle du dispensaire, le poste de secours de campagne, même pas hôpital (de campagne).
Lui, il logera... Il ne sait pas où il logera, mais ce sera sûrement le lit de camp. Sic...

Si Kate se laisse faire, il tentera de la nettoyer sommairement, de la changer, mais aussi de la faire boire, sel et eau, mais aussi tisanes sédatives, et ce à de nombreuses reprises. Et puis il la couvrira d'un nuage de couvertures, lui confiant sa peluche si elle a été retrouvée intacte. A défaut de peluche, il cherchera dans ses affaires une petite serviette bleue aux motifs enfantins pour lui servir de doudou.

L'homme ne tente pas de lutter contre son délire, pas maintenant, pas aujourd'hui, mais il sait que ces poupées n'ont rien à voir avec de l'art ou toute expression s'y rapprochant. Ou alors c'est de l'art primaire.
Mutiler des poupons, c'est beaucoup trop symbolique. Les cachets, le repos ne feront pas tout et pour ce genre de diagnostic, il leur manque le savoir.

Alors il attend, il attend les renforts, le retour du personnel médical, en espérant que Sacha puisse les aider à comprendre son état, elle qui lui avait formellement précisé qu'elle était docteur et non médecin. Ce sera le moment de savoir si Sacha Grey pourra sauver enfin quelqu'un.
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Dim 28 Oct 2012 - 21:16

C'est la même chose que manipuler une poupée. A cela près que celle là a des organes vivants. Et peut être bien des pensées. Mais bon, on concevait bien des poupées qui chialaient, qui riaient, qui rôtaient, ou qui tremblaient. Bébés Frissons, et ce genre de conneries. Alors la différence. Voilà. Kate est un Bébé Frisson.

Les cheveux sont déjà au couleur d'Halloween, mais désormais, elle en a le maquillage. Les couleurs d'un petit fantôme triste qui dépassent des couvertures.

Bien entendu, le toutou a survécu, sans dommage. Rien de ce qui constitue ses affaires "personnelles", issues de son sac, n'a été bousillé.

Elle naviguera longtemps dans un bayou brumeux, entre phase légère de sommeil troublé, et irréel réveil nauséeux, où les soins sont avalés difficilement, avec fébrilité. Le soignant est une ombre parmi tant d'autres. Elle ne fait que réagir a des besoins primaires dès qu'une boisson lui arrive jusqu'aux lèvres, n'ayant apparemment aucune conscience de l'environnement à plus de dix centimètres du bout de son nez, et ne réagissant que mollement, si ce n'est pas du tout, aux stimuli vocaux ou physiques.

Arrivera bien le moment où elle dormira enfin comme une masse, enfoncée dans l'oreiller, la peluche calée sous le menton et sur une partie de la joue, et où il faudra y mettre bien de l'entrain pour la réveiller.
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Lun 29 Oct 2012 - 13:31

L'homme se fond dans son travail d'infirmier, il n'est plus lui-même, il n'est plus que l'aide-soignant de la patiente Toole. Il prévient oralement à chaque manipulation, lui demande de boire, lui explique le pourquoi et le comment. Même quand elle ne réagit pas, le turc lui parle, d'une voix qui se veut douce et rassurante.
Il caresse ses joues, surveille sa température, la paume sur le front, il lui prend parfois les mains pour appeler les siennes, susciter une réaction instinctive, pour garder un contact tactile, lui rappeler qu'elle a un corps. Il lui touche les mains pour qu'elle garde un pied, dans la réalité...

Le petit fantôme finalement s'endort dans la chaleur douillette de sa grotte de draps et de couvertures.
Aslan regarde cette tasse de sédatifs, remplie au 3/4, quasi inutile, à moins que...
L'homme l'attrape, puis il se colle contre un mur, jusqu'à glisser au sol.
Il la regarde, toujours inquiet, mais un peu plus rassuré. Sa trêve de noël au milieu du no man's land...
La tisane, maintenant froide et amère, se vide peu à peu sur cette belle image.
Le temps s'arrête, le bruit de l'argile cogne contre le sol, sa vision se trouble et il s'endort à son tour.
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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Lun 29 Oct 2012 - 22:40

Sasha pénètre dans l’infirmerie, le pas gauchi par une consommation récente et abusive de sa fameuse « mixture maison » (qu’elle ingurgite de toute les manières à longueur de journée) C’est d’ailleurs avec dans l’idée de faire germer quelques graines ramenées de Vegas, et indispensable à la confection du sain breuvage qu’elle à dirigé son petit cul vers cette pièce dévouée à la science… Enfin, d’habitude…

Car, sitôt rentré, son regard un peu lointain se pose sur une masse informe affalée contre un mur -ça, c'est une anomalie-, et une petite moue intriguée brouille son visage tandis qu'elle croit y reconnaître nul autre que sieur Aslan, le bourgmestre des lieux.

Elle reste un moment contrite, observant le bougre comme s’il eu s'agit là d’un mirage, puis fini par hausser les épaules, vaincue par un obscurantisme cognitif ainsi que par une furieuse envie de s’asseoir…

Pour ce faire, un coin de paillasse lui ira très bien ce dit elle...

Oui mais voilà, l’endroit convoité est encombré d’une épaisse couche de couvertures, et un examen plus approfondis lui prouve que ce n’est pas là la seule entrave à son désir de dilettante. En effet, une généreuse tignasse rousse ébouriffée semble s’extirper de l'amas bigarré de couettes…

Elle se demande si Aslan attendait lui aussi son tour pour la banquette, et si c’est vaincu par le temps, l’ennuis et la fatigue qu’il c’est ainsi vautré à terre, oubliant par la même toute fierté... Pauvre homme...

Mais Sasha, elle, est pleine de ressource, Bon… C'est donc presque naturellement qu'elle se résout à se contenter du semblant de chaise qui fait face au semblant de bureau... Dans la pièce attenante... Eh puis, cela devrais lui être plus pratique pour manipuler son coton, ses boites de pétri et ses petits grains de vie...

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Anton Farzeen

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Mar 30 Oct 2012 - 16:18

On a tenté de trouver Sasha Grey. Si si j'vous assure. On s'est baladé partout, sauf à l'endroit ou nous sommes désormais. Vous savez, on trouve toujours ce qu'on cherche au dernier endroit ou l'on cherche, justement. Question de timing.
Il savait pourtant qu'elle était en ville, nul ne l'avait vue partir. Peut etre en exploration, ou pire encore, jouant à cache cache. Bondiou.
En soupirant, il rentre au bureau. Aslan devra se contenter des narcotiques naturels de l'homme médecine.

Un œil à Aslan, à Katie. Ils ont beaucoup à se dire, et encore plus à dormir. Et vu qu'ils dorment, et bien... Ce n'est plus si nécessaire que ça, de trouver des somnifères.
Il se dirige vers le bureau et tombe sur Sasha. Petit geste desabusé, « Ah bah elle etait là » type.

_ M'amzelle. Content d'vous voir. Tout va comme il faut ?

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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Jeu 1 Nov 2012 - 6:41

C'est un fin sourire qui s'éveille au monde, vite terni par un nuage de grimace.
Les couvertures ondulent pour la première fois depuis des lustres.
Le mal qui tambourine derrière ses tempes l'empêche d'abord d'entrouvrir les yeux.
Ce n'est que quelques secondes plus tard, assez habituée à la mélodie de la douleur pour pouvoir utiliser ses sens du mieux qu'elle peut, que Kathleen redresse lentement la viande de ses globes. L'horizon est bouché par un pan de couverture et un angle de mur. Bah tiens...

Elle referme les yeux et soupire longuement, faut pas brusquer un éveil, surtout quand on a la tête comme un compteur à gaz. Sa respiration découvre l'odeur familière et rassurante de sa vieille peluche. Elle croit entendre des mots, pas loin, mais c'est assez imprécis. Sans doute la migraine.

Après un temps de stand-by, elle pivote doucement et se redresse légèrement sur un coude. Un ange passe, sur cette bouille embrumée.

Ce n'est pas sa piaule ! Ce n'est pas sa piaule ! Ah ça alors... Et aucun foutu souvenir, là, maintenant, tout de suite.

La plus récente réminiscence qui lui vient à l'esprit, c'est d'avoir joui sur Aslan. Y'a pire, comme trace. Drôle de mémoire sélective. Mais jusqu'à preuve du contraire, c'était dans sa piaule à elle.

Au lieu de déchiffrer le mystère en analysant l'environnement alentour ou en quémandant une présence, vient alors un réflexe des plus suspects chez quelqu'un qui semble habiter la lune. Un réflexe de survivante, à vrai dire. Elle dégage promptement les couvertures de ses jambes et, après un soupir, les tâte, fait un peu bouger les orteils.
Puis elle soulève son vêtement pour observer son ventre, touche succinctement le reste du tronc et des bras, et, enfin, ses mains viennent épouser son visage. Il est brûlant, mais tout est en place.
Après un soupir plus puissant qui ressemble bien à du soulagement, son dos retombe comme une masse sur la couche. C'est là qu'elle met les doigts à hauteur de son visage, et observe leur état pitoyable. Dans un murmure:


Oh, Jesus...

Les avants bras reviennent le long le corps.

Elle ne paraît pas surprise, ou inquiète. Presque blasée. Elle fait une gueule de trois mètres de long, c'est sûr. Comme si elle avait tout compris.

C'est à ce moment là que sa vision ricoche sur la silhouette d'Aslan. Un pâle sourire fatigué reforme le spectre de sa jovialité traditionnelle. D'une intonation très faible, mais accordé par l'amour, de ses petites notes qui ne trompent pas sur l'intérêt accordé à la personne:


Aslan ?

Iris et rétines s'accrochent, les muscles faciaux se tendent vers lui. Plus inquiète:

Aslan...?

Elle se fige.
D'ici, elle ne l'entend pas respirer, et sa vue n'est pas bonne du tout. Elle aperçoit comme des débris autour de lui.
Les voix à côté, la musique de son crâne, elle s'en fout, tout disparaît.
Et, dressée sur ses coudes, elle paraît mortifiée par la situation.
Au lieu d'aller le secouer, ou d'appeler les voix qui n'existent plus, d'appeler quelqu'un, n'importe qui, un soutien, elle questionne cette masse inerte, hésitante. On dirait bien qu'il y a un peu plus qu'une once de peur comprimée dans sa voix. Comme dans un mauvais rêve, d'enfant ou d'adulte. Pétrifiée par quelque chose d'horrible dans l'air, qui n'existe pourtant pas.
La fièvre et le réveil lui jouent encore des tours. Kathleen n'est pas une super-héroïne, ne l'a jamais été, et ne le sera probablement jamais. A son grand dam. Au grand dam de Katie Tool, ange gardien à la fois factice et réel de Kathleen Toole.


Aslan...tu dors ?
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Jeu 1 Nov 2012 - 17:26

Le repos du guerrier désarmé, plongé dans un Eden pacifique, ressourçant, salvateur. Une sieste dans une clairière irréelle à la lueur d'un soleil chaleureux, d'une odeur boisée de mousse, de fougères et de fleurs sauvages. L'homme se perd dans le lit de ces images de paradis successifs.

Il entrouvre les yeux à l'arrivée de Sacha, les refermant presque aussitôt.
Le conscient reste aveugle, l'inconscient reconnait une ombre, une silhouette, le subconscient, lui, distrait toujours le premier, habilement. Un chat aux pattes de velours, un chat rassurant jouant avec ses boîtes et ses pelotes de laine, un chat ronronnant sur une chaise, berçant son hôte dans le nuage de ses cotons.
L'homme replonge...

C'est maintenant le galop d'un cheval dans la cour du palais, un cheval, quasi centaure, dont le héraut délivre un message d'une voix familière. Un vague murmure, lointain, inaudible et pourtant si familier, si proche. Une rivière qui coule et dont les remous successifs lui accordent paix et confiance.
Nouvelle ellipse. L'homme réconforté retourne à ses profondeurs subliminales.

Le voilà subitement au coeur de la vielle ville, des vieux quartiers d'Istambul, de ces vieux bâtiments dont il n'entrevoit que ruine et désolation. Le voilà perdu dans une rue, sous la lumière d'un crépuscule sordide, grisâtre et orangé, apercevant parfois jusqu'au égouts du haut d'un sol pavé maintenant effondré. L'homme éprouve un manque, un terrible manque, une solitude l'envahit, une solitude inquiétante et qui le fait chercher tout autour de lui. Il est seul dans cette ville. Pas de cadavres, pas d'oiseaux, même pas un véhicule, pas de meuble ni d'objets d'aucune sorte, il n'y a là que les ruines d'une civilisation disparue, comme démunie de tout par ses archéologues et transformée en musée mortuaire, pétrifié par les siècles.

L'homme cherche, il cherche, il la cherche, il ne cherche qu'elle, sans la trouver, dans l'angoisse de l'abandon, le rêve devient cauchemar et anxiété, le paradis se transforme en enfer et son coeur paniqué semble y succomber. Jusqu'à l'appel.

Un appel qui le fait courir au travers de ces rues décharnées, grimper dans ces escaliers aux marches parfois manquantes, monter dans ces étages aux grandes fenêtres forgées par les bombes, arpenter ces pièces vides, aux odeurs de poussière et de ciment. Encore un appel.

L'homme se retourne sans savoir dans quel sens rechercher. Un dernier appel.
Quatrième étage, le sol s'écroule sous ses pieds, il chute, lentement, dans un temps qui parait interminable.
Un sentiment mêlé de peur et de bien-être l'envahit.
Le sol se rapproche et l'homme ferme les yeux sur son rêve.

Il se réveille, sursautant, se plaquant contre le mur dans un geste défensif, un réflexe primaire, animal, l'oeil hagard.


"Katee..."

Un simple murmure, une voix encore étranglée par le sommeil. L'homme découvre les débris de la tasse dans le chahut de ses bras et de ses jambes tentant de nager entre eux. Il se relève rapidement, mais l'homme titube, toujours sous l'effet des drogues, il se laisse enfin tomber, maladroitement, au pied du lit, à genoux. Il la regarde ensuite un bref instant, touchant son visage, tentant de réaliser par tous ses sens que cette image ci n'est pas irréelle. Il l'étreint enfin, collant son visage contre son coeur, au sein de sa poitrine, les mains pleines, courant tout le long de son dos. Il s'excuse, il s'accuse, il se déclare coupable, comme transi d'une peur irrationnelle.

"Petit ange, pardonne-moi, pardonne-moi.
Pardon, pardon...
"

Il y a du monde dans l'autre pièce. Le turc réalise qu'ils ne sont pas seuls en ce monde pétri de réalités palpables. Il commence donc à faire le lien avec les images qui lui restent en tête, mais sûrement bien trop tard. Tout porte à croire que les deux amants ont été bien plus bruyants que leurs voisins et que ces derniers se sont rendus compte de leurs réveils successifs bien plus promptement que les acteurs eux-mêmes.
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Ven 2 Nov 2012 - 18:19

Vidée de l'émotion négative qui l'emprisonnait comme un vulgaire insecte dans la toile de l'ingénieuse araignée, Kathleen rouvre ses bronches et leur accorde un cycle plus classique. La danse de l'homme saoul la fait réagir par de petits réflexes hésitants, tendant gauchement ses mains laborieuses envahies par la corne, mais ne trouvant pas la force de bondir comme un diable pour soutenir l'autre groggy. C'est donc lui qui vient s'échouer sur la berge qu'entoure deux minuscules collines, et, à présent, elle a l'impression d'être une bouée de sauvetage au milieu d'un océan tempétueux, ou une statue de madone enlacée par un croyant trop désespéré ou piqué par la transe pour faire preuve de sobriété.

Ses doigts se reposent délicatement sur sa nuque, une partie de joue, et son cou. Ils cajolent avec douceur les zones de peau qu'ils surplombent, dans des va-et-vient lancinants.

Kate ne trouve rien à dire de profond, ou, plutôt, ne trouve pas de propositions articulées adéquates à l'instant. C'est peut être là un gros défaut d'Aslan, ne pas savoir se taire au bon moment, mais, après tout, la frontière entre le défaut et la qualité est parfois si mince, quand le sentiment s'installe.
Alors elle se contente de siffler le silence, des "chhh" faibles et rassurants, comme peuvent l'être ceux de certaines femmes, généralement des mères.

Elle ne se demande pas à quelle sauce elle va être mangée. Si on va la taxer de foldingue, l'étiqueter d'une maladie mentale quelconque, lui demander des explications, ou lui proposer de l'aide.

Quelle ironie, s'ils savaient.

Autant refoutre de l'huile sur un feu éteint, et craquer une allumette, gardant la flamme mais ne se consumant pas, à deux doigts de tomber, n'importe quand, comme une épée de Damoclés.

Mais ils ne savent pas.

Et Aslan. Ce foutu combustible.

Cette bûche de bois accrochée à sa cheville. Elle lui dit: "chhh".

Inconsciemment, elle veut la rendre humide.
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Ven 2 Nov 2012 - 21:38

Le visage du turc réapparait enfin. Son visage est loin des larmoiements, bien au contraire, il a simplement retrouvé la vigueur et le rayonnement de ses traits, souriant et apaisé. Celle qui pensait jouer à la mère se retrouve en quelques secondes objet d'un diagnostic poussé, deux mains sur ses joues, les pouces jouant avec les paupières, inspectant son iris et sa pupille, et la température de sa peau. Il regarde derrière lui, en direction de la porte voisine.

"Comment t'sens-tu ?
Pas de frissons ?
Tu as quelques souvenirs ?
"

En prononçant cette dernière phrase, son moment de réjouissance semble terminé. Trop d'images lui reviennent en tête. Il tente néanmoins de le dissimuler, s'efforçant de continuer à sourire.

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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Ven 2 Nov 2012 - 23:32

Et c'était bien parti pour qu'elle se demande à quelle sauce elle allait être mangée...
Lui rendant son sourire, enfant espiègle, mais terni par la fièvre et la fatigue, elle laisse quelques secondes s'égrainer, et se joue de lui en mimant le même diagnostic.
Enfin, d'une voix quelque peu traînante:


...ça pourrait aller mieux, c'est sûr...

...les souvenirs...non...le trou noir...enfin...ça n'est pas la...crise, l'important...


Autant anticiper, voire couper court tout de suite. Elle continue de lui caresser le visage, comme elle le ferait pour l'une de ses ordures modelables, comme si ses doigts appréciaient autant les contours de l'être aimé que ceux des plus inutiles déchets...

...je sais ce que c'est...cette transe...c'est épuisant mais...ça me guérit...ça peut paraître bizarre...mais non...c'est comme ça...quand je suis vraiment pas bien...ça me soulage...c'est comme...courir en hurlant...jusqu'à tomber d'épuisement...

...je t'avais dit que ce n'était pas une bonne idée...nous deux...parce que c'était trop...mais voilà...

...je n'ai que des problèmes avec les hommes...c'est comme ça...

...je veux pas te rendre malheureux mais...tu vois comme c'est difficile pour moi aussi...je t'avais mis en garde...tu vois...mieux vaut arrêter là notre relation...car je ne peux pas assumer ton contrat...je ne peux pas assumer notre relation...pas comme ça...d'un coup de baguette magique...pas sans réfléchir...seule...

...c'est tout ce qu'il y a dire...il n'y aura peut être plus jamais...d'entre-nous...


Après une dernière vague sur son crâne, son dos revient vers le matelas, et ses mains se rétractent pour se poser calmement sur les couvertures. Elle le regarde toujours en souriant, avec une tendresse pure, mais, s'il a bien assimilé, cette bouche n'attend pas de baiser.

...quand j'étais petite...toute petite...mon premier amoureux était d'origine turque...et je n'avais pas le droit de le voir...comme c'est étrange parfois...le destin...même lorsqu'on y croit pas...
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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Sam 3 Nov 2012 - 9:39

A l’arrivé d’Anton, les yeux de Sasha s’arrachent de la tâche ou ils sont ancrés et s’enquièrent des contours de l’individu. Le petit geste chargé de signification lui a échappé, elle lui rétorque donc d’une voix encore lointaine, nimbée de cette pointe de légèreté –voir d’inintérêt- que revêtent souvent les réponses machinales, données à des questions l’étant tout autant.

"Pour le mieux, Sieur Farzeen… Pour le mieux... Et vous-même ?"

Son regard est déjà retombé tandis que ses doigts osseux, sortes de brindilles fines et longues, trient, ordonnent et manipulent les petites billes de vie étalées sur le bois. Le manège dure un temps, entre le tour de grand 8 et celui de carrousel. Puis elle remet son chapeau à la coupelle de verre, cotonneuse, ensemencée, et la remise avec les autres, soigneusement empilées.

Elle se redresse, signifiant qu’elle est enfin disponible, administrant à l’égard de l’homme une mimique navrée, comme pour s’excuser de ses « dé-manières »…

"Hmm... Je vous ai dépouillé de votre bureaux... Vous voulez le récupérer peut-ê…"

Un chant chuchotant parvient à ses oreilles, malgré le mur, aidé par le trou béant de la porte… Une mélodie atypique, un quantique bicéphale, inaudible et erratique… Le jugement tombe, couperet hâtif et dénué de trop d’importance, les deux endormis ne le sont juste plus, voilà tout…

Elle se lève et fait les quelques pas qui sépare encore son univers du leur, son immigration ce fait en douceur tant la frontière est désuète, à peine matérialisée, et, plus important encore, non gardée (il y a bien Anton, mais avouons le, il n’a rien de Cerbère…). Elle passe donc tête et frimousse dans l’autre pièce, et s’avise de ce qu’il s’y passe… Cela doit faire partie de son job… Plus ou moins…

Chose notable, l’homme à retrouvé un peu de sa fierté, il à déserté le sol pour s’accrocher au radeau de chiffons, toujours occupé par la fille à crinière rousse qui, étrangement, semble lui chanter une berceuse. En y regardant de plus prêt, elle à l’impression volage qu’elle l’a déjà vue, cette tignasse… Mais ou ? A la station ? A Vegas ? Il y a tellement de monde à Vegas… Impossible de se rappeler, elle est figée sur le quai des brumes, et ce souvenir n’est qu’un navire lointain, pavillon bas, contours incertain. Elle en à tant, des comme ça...


"Tout va bien… ?... Vous… Vous êtes convalescent tout deux… ? "


Voilà qui est posé, d'une voix à peine sortie de l'enfance, certes, mais sans ambages, la réponse conditionnant sans doute si oui ou non, elle devras demeurer là, à regarder maman cajoler son fiston...


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Anton Farzeen

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Sam 3 Nov 2012 - 10:08

"Prenez votre temps. Pas d'urgence."

C'est tout naturellement en fait qu'il la suit, pour continuer le dialogue qui s'etait entamé. Enfin, presque entamé. Et la scene qui se deroule sous ses yeux a toutes les allures d'un autre melodrame, sans doute plus dechirant encore. Alors, les deux personnalités en marge de discuter, un ton plus bas pour ne pas gener les retrouvailles.

"Kathleen a fait une crise de deshydration aigue... Et c'est l'heure des visites. C'est à ce propos, que je vous cherchais Sasha. Je voulais vous demander ce que vous aviez en antidiurethique..."

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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Sam 3 Nov 2012 - 15:28

Son visage se décompose peu à peu, il ne la regarde plus, et il en tremble. Il finit par repousser cette main qui veut toucher son crâne, par un simple mouvement de tête. L'homme se relève, dos à elle, mains jointes sur le haut de la nuque, écoutant maintenant des confidences dont il se passerait bien. Il se retourne enfin, comme habité par une tierce personne. Avec quelqu'un d'autre, il aurait certainement explosé, mais en réalité, avec quelqu'un d'autre, il n'en serait jamais arrivé là... Au retour dans la meute et à ses messages codés, et aux crocs de celui ou de celle auquel l'on se soumet.

"Si pour vous je ne suis plus qu'un étranger, mademoiselle Toole, inutile de me caresser ou de me rassurer comme on le ferait avec son chien."

Ses dents se resserrent sur ce dernier mot. L'homme déçu est blessé au tréfonds, il sauve juste les apparences, la garde recule en formation, mais c'est la débâcle... La débâcle sur une route... Une route de campagne... Ou le refoulement de ses instincts cons de mâle Alpha.

Il se tourne en conséquence vers cette porte qui lui tend les bras, car comme tout slogan publicitaire ou phrase choc, on lui prépare une sortie, un clap de fin, une conclusion. Il claquera la porte dans un grand vacarme puis ira se défouler lui aussi dans la chambre de Kate ou au dessus d'un feu plastiqué.
Oui, mais voilà... Il y a comme un changement dans son synopsis. Le docteur Grey est là, qui le regarde certainement avec des yeux ronds, lui qui vient de se stopper en pleine course.


"Bonjour, docteur..."

Quelques secondes planent, le turc n'avait pas prévu cela. Il sait pourtant quoi répondre mais les mots ne sortent pas, ils ne le veulent pas. Alors, Anton le précède...

"Une déshydratation aigüe, aha..."

Le rire est fort démuni, car c'est bien celui des gens désemparés.

"Oui, certes... Mais moi j'voulais plutôt savoir si vous vous y connaissiez en mutilation d'poupées..."

Un regard noir court en direction du lit.
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Sam 3 Nov 2012 - 19:14

Son sourire se fane, alors qu'elle découvre à nouveau la fièvre lui mordre les joues. Elle a l'impression que son visage blême est une excellente plaque chauffante pour qui veut se faire de savoueux oeufs au plat. Il fait pourtant frais, si ce n'est froid. Oui, voilà, quel meilleur expédient que de bassement ressentir physiquement. Elle préférerait la schlague aux mots d'Aslan.

Si un afflux de larmes pitoyables lui monte aux yeux aux prémices de la réaction, la rage l'assèche aussitôt dans les secondes suivantes. Avant que cette dernière ne soit elle-même étouffée par le chaos, ce si doux chaos, aux relents de migraines tonitruantes et de rudes chaleurs, ce si doux, si doux chaos, toutes forces épuisées par la catastrophe bienfaitrice passée... Merveilleux remède que ce soit disant mal.

Le supplier à genoux, s'accrocher lamentablement à ses basques et sangloter; le couvrir d'injures, lâche, sans couilles, gros fuyard dégueulasse, lui coller un bon revers de pussy cat sur le coin d'la gueule... Mais au final, il n'y a que ça: l'apathie la plus totale.

Et au final, tant mieux, étant donné la dernière sentence, d'une cruauté sans nom. Elle n'est donc même plus considérée comme un être humain. Mais comme un tas de poupées mutilées.

Kathleen, dans une gestuelle cotonneuse, se range sur le côté et ramène les couvertures sur elle.


Elle inspire les parfums qui imprègnent la toison factice de sa peluche.
Sa propre odeur.
La plus banale, à force de la renifler.
Mais la plus reposante.
Et, peut être bien, la plus excitante.
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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Sam 3 Nov 2012 - 20:31

Sasha est étonnée, visiblement, l’affaire est plus intéressante qu’elle ne l’a pensé de prime abord. Elle garde le silence et laisse les musiciens jouer chacun leurs partitions, cela résonne toujours en elle d’un écho grisant, le petit concerto de la vie…

Et en sus le thème semble en être les amants maudit, voir maudissant… Son préféré !

L’amusante envie de répondre à Aslan que la mutilation de poupée est justement sa grande spécialité est doucement mais fermement écartée par sa satanée « bonne éducation ». Quel dommage, elle s’y voyait déjà, à le flagorner, à le louanger, à le glorifier de son heureuse et improbable perspicacité. Cela aurait eu de la gueule, pour sur... Mais cela aurait également manqué d’empathie et de classe…

Alors, si elle a un de rôle à jouer ici, elle, c’est certainement celui qu’on lui astreint… Mais quand elle sera grande, qu’on ce le dise, elle écrira elle-même ses propres pièces, et na ! Oui, quand elle sera grande... Quelle poisse! En attendant elle se tourne vers Mister Farzeen et y vas de ses quelques lignes de texte.


"Je n’ai aucun médicament à proprement parler… Mais quelques baies de genièvre ne devraient pas faire de mal… Ainsi qu’une gourde d’eau…"


Elle quitte l’un et revient à l’autre, puis à l’une qui se cache sous sa montagne de couverture, puis à l’autre, à nouveau…

"J’avoue ne pas bien comprendre de quoi il retourne... Déshydratation et... « mutilation » de poupée…? Hmm... Vous serait-il possible d’éclairer ma lanterne?..."

Elle lorgne du coté de la bosse que fait miss Toole sur le lit (et sous les couettes) et plisse le regard.

"A moins que ce ne fut là qu'une façon cavalière de punaiser ses ailes contre le liège des draps?.. "
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Sam 3 Nov 2012 - 21:20

Flûte, flûte et flûte... Il voulait fuir lui, c'était plus facile quoi... Le voilà membre de la thérapie de groupe maintenant, la plaie... Tout bouillonne en lui, c'était pas le moment, il va forcément sortir des conneries, forcer le trait, il se connait. Tant pis, la perche est tendue alors le turc ne se fait pas prier.

"Oh quasiment rien, la dame elle dit que tout va bien, tout est sous contrôle, elle gère...
C'est sa façon de décompresser il parait...

On l'a juste ramassé à moitié crevée baignant dans son urine au milieu d'un champ d'ordures...
Mais sans cela, tout - va - bien...
Elle a tout pété, tout.
Mais elle a quand même trouvé le moyen de se confectionner deux nouveaux amis.
Justin Faimoipeur et Vendredi 13 junior... Ah, la belle équipe...

Sinon, tout va bien, j'ai à peine chier dans mon froc et me voilà clairement rassuré.
Olala...
"

En réalité, l'homme parlera bien plus souvent à l'igloo de couvertures qu'à Sacha elle-même. Du Pagnol, mais avec un tout autre accent et de toutes autres manières, des manières familières que certains découvrent peut-être seulement maintenant chez lui.

"Les raisons... Faut les d'mander à madame la boudeuse.
Vous comprenez, c'était déjà pas assez cher payé déjà, fallait m'en rajouter une couche.
Pffff...
"

Aslan balaye le vent d'une main, comme s'exaspérant lui-même, puis se referme en croisant les bras, dans le silence, regardant ailleurs.


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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Lun 5 Nov 2012 - 18:58

Ca, pour saisir la perche, il la saisit le bougre, et d’une bien détestable manière, avec verve mais sans retenue ni classe, comme si crier a la face du monde son mécontentement était une injonction impossible pour lui à réprimer.

L’avantage, car il faut bien en trouver au moins un à toute chose, l’avantage donc est que les mots sortent du cœur, et qu’ils renseignent sans doute convenablement sur les fait… Mais le bénéfice s’arrête là, avec toute la bonne fois du monde…

Sasha plisse les yeux, elle déteste de tout son être cette façon indigente et conditionnée qu’ont les hommes à passer leurs nerfs sur elles, les femmes. En fait, elle déteste les hommes… Pas tous, pas toujours… Mais souvent tout de même… 7

A cet instant, elle ce souvient parfaitement du pourquoi… Son regard se porte vers la couchette qui se soulève imperceptiblement au rythme d’un cœur qui bat puis en revient a Aslan, bras croisés et air couroussé...


"Je crois que vous devriez allez prendre l'air, Mr Öztürk… J’aimerais parler avec mlle Toole, mais je pense que votre présence ne serait pas… Opportune…"

Le ton de la phrase montre clairement qu’elle réprouve le petit numéro qu’il vient de jouer, son visage c’est fermé, devenant presque sévère, et son sourire, son indéboulonnable sourire n’est plus qu’un ersatz figé.
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Anton Farzeen

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Lun 5 Nov 2012 - 19:40

Et en effet, le regard du medecin lui aussi n'est pas compatissant. Il est barré d'un regard ferme et lui indique d'un geste du cou la porte. On n'enfonce pas un convalescent. Jamais. On attends qu'il en sorte, question de protocole.

Laisse la nous, Aslan. Tu es emotionnellement impliqué, je prefere que tu repasse plus tard. J'indiquerais à Sasha toutes les precisions qu'il faudra, alors va te reposer.

Ensuite, ensuite, Sasha Grey. La therapeute de l'esprit, ou au moins... Une femme et donc plus à meme de comprendre ces affaires venusiennes, tandis qu'il resterais sur Mars, m'voyez ?

Sasha, je serais dans mon bureau. Il reste des soins à preparer. Pendant ce temps, je vais vous laisser seule avec Kathleen. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, vous saurez ou me trouver.

Demi tour, droite ! Une deux, on retourne dans le buratoire.

____________________
Le cordonnier, toujours le plus mal chaussé.
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Lun 5 Nov 2012 - 21:26

Celui qui s'accusait de tout, accuse maintenant l'autre de tout. Un étrange paradoxe semblerait-il... En réalité, c'est un simple passage, un passage de l'intérêt pour la souffrance à l'intérêt de sa propre souffrance. Amour piquant, amour charmant, amour qui brûle, amour des assiettes qui volent, amour qui griffe et qui blesse, amour... Méditerranéen...

Ce n'est pourtant ni la misogynie de ces rivages, ni sa culture qui le possède et qui ressurgit au travers de ses mots. C'est un tout autre milieu, un milieu plus populaire, un milieu où on ne prend plus de gants et où on parle mal. Un milieu où on parle mal aux flics, aux gens et même à son pote, et donc plus facilement mal aux femmes, sûrement... Des mots crûs, des expressions bien plus impudiques et qu'il contient encore. Il y a de l'amour pourtant dans ces milieux là... Vrai paradoxe pour le coup, même si trop difficile à croire pour certains peut-être.

Toujours est-il que le voilà pris aux pièges, comme un poisson frétillant dans son filet.
C'était évident et couru d'avance pour le spectateur, mais qu'en est-il de l'acteur ?
L'acteur lui perd pied, alors il écoute, silencieux, ne fuyant pourtant pas les regards, droit dans ses bottes.
Une autre mauvaise habitude sur le retour, sans nul doute, mais qui sait ce qui se cache derrière le lot des simples apparences...


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Anton Farzeen

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Lun 5 Nov 2012 - 21:26

Le membre 'Aslan Öztürk' a effectué l'action suivante : Lancer de dés

'd6' : 4
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Lun 5 Nov 2012 - 21:39

L'homme soupire de mécontentement. Il préfère maintenant regarder ailleurs, les mains sur les hanches.
Il se retourne enfin, la mine grave, le sourcil toujours sévère, toujours un regard sur ce lit.


"De toute façon, on m'a enlevé d'office de la liste des visites alors...
J'ai plus rien à faire ici, j'suppose, hein ?
Si vous m'cherchez, j'vais nettoyer son me... Son...
"

Une lutte interne s'engage, mais pour une fois la bonne conscience l'emporte.

"J'vais nettoyer...
Tâchez... Tâchez de...
Tâchez d'prendre soin d'elle quoi...

Lui redonner le sourire que j'ai du lui enlever...
"

Une faible confidence, étouffée, peut-être inaudible pour certains. L'homme sort sans retourner et plutôt vivement, dans la simple dureté ou dans le chagrin, difficile de le savoir tant qu'il n'y aura pas de témoin.



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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Mar 6 Nov 2012 - 18:43

Sasha ne réagit pas au début de repentir qui filtre des gestes et des mots d’Aslan. L’image d’un aquarium sans eau, tapissé en son fond d’une myriade de poiscailles desséchés et de plantes moribondes s’insinue en elle. C’est ton humanité Sasha, voilà ce quelle est devenue…Elle c’est lentement vidée de sa substance, et il n’en reste rien aujourd’hui… Rien qu’une coquille vide…

Les hommes s’éloignent tandis que son regard se perd sur le lit fourré à la chair et au sang. Elle se rappelle d’un temps ou son petit cœur aurait battu la chamade, s’affolant d’avance à la pensée omniprésente d’un hypothétique échec, d’un soufflet, d’un camouflet. Mais cette peur, cette peur qui l’a toujours aidée, aiguillée… Cette peur là n’est plus…

Elle se sent la sérénité blasée d'un quidam devant accomplir une tâche dénuée importance, désuète et veine… Comme la vie. Ils ne sont tous plus que des spectres, de toute façon, ils sont déjà morts, tous… Sans avenir car sans enfants…

Alors la médecine… Sauver des gens… Apaiser leur peine et rallonger leur jour… A quoi bon ?

Elle s’empare tout de même d’une chaise puis s’approche du cercueil perché et de son imposant linceul de laine. Elle pose le quadrupède inerte à proximité puis assoit dessus le bout de son cul de pierre. Elle se mordille la lèvre inférieure, l’envie d’un petit remontant l’étreint, elle dégoupille sa gourde et avale l’ultime lampée qu’elle contient encore.


"Mlle Toole… ?"

Sa voix est douce, apaisée, infime… Sa main se pose sur les couvertures, à peine plus lourde qu’un voile de soie. Pas d’autres mots, pas d’autres gestes, comme si cela était amplement suffisant comme entrée en matière…
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Jeu 8 Nov 2012 - 17:52

OOOOOOOOOH, qu'il est bougon, ce vilain soupir. Mais enfin, c'est là la preuve que l'indifférence n'est point.

Accrochés au petit kien-kien pirate du coeur, les ongles s'enfoncent un peu plus dans son abdomen rayé. Il est là, maintenant, l'émissaire... Il quémande une entrevue, ou, plutôt, il y est contraint... La voilà traitée comme un éminent personnage avec qui l'on ne peut converser que par intermédiaire. Le renvoyer d'une main boudeuse, d'un menton autoritaire, et d'une petite pointe aiguë au fond de la gorge, voilà qui conviendrait parfaitement à ceux qui d'avance préfèrent la guerre aux pourparlers.

Mais enfin, il ne s'agit que de Katie Tool, reine des ordures, et princesse du vagabondage qui se voudrait léger. Alors cette idée la ragaillardit, et la voilà qui pivote légèrement, afin d'observer en coin le représentant d'elle-ne-sait-quoi, venu jusqu'à son trône de rien pour affaire critique. Ses yeux ternes deviennent rieurs, alors qu'elle se redresse un peu plus et cale son dos contre le mur. Sa voix reprend un peu de vigueur.
Kathleen tripote toujours nerveusement sa peluche, mais ça...

Oh, salut la copine. Dis voir, faudrait m'appeler Katie, ou Kate...
Moi, Mamz'elle Toole, ça m'dérange de rien, hein, faut pas croire. Mais qui faudrait m'le dire avec une p'tite coupe de champagne dans la main, genre ça y est, je suis maître du monde.


Plaie béante au milieu du visage ravagé que ce sourire ravageur.

...ça y est, je suis maître du monde, m'zelle Champagne ?

Trait d'humour grossier qui camoufle une observation approfondie de l'individu. Son sourire s'étiole un instant, l'espace d'un frisson, avant de regagner presque aussitôt les centimètres perdus. Elle attrape le bout des couvertures pour l'avancer au delà du nombril.
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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Jeu 8 Nov 2012 - 23:39

Sasha ce sent petite fille, et elle observe avec patiente l’oisillon risquer sa tête hors du nid de draps pour gazouiller son humeur. L’impression tenace qu’elle à déjà vu cette frimousse quelque part ne la quitte pas, mais l’occasion refuse de lui en revenir, se dérobant sans cesse aux spots inquisiteurs qu’elle tente de braquer sur sa carcasse fuyarde. Cela l’ennuie, ce voile de brume qui lui anesthésie la mémoire, mais chaque médaille ce doit d’avoir un revers, non ?… Alors dans ce cas, son relatif apaisement vaut bien celui ci.

Elle sourit aux mots, m’zelle Champagne, elle a l’air de bien aimé « l’humour grossier » dont elle est la cible. Il faut dire qu’elle ne les compte plus les gentils reproches sur sa manière quelque peu snobinarde de parler. Une chose est sure, on ne peut rien contre son éducation, rien ou si peu…

Pas de chichi + nounours + moqueuse = Katie Toole ?... Equation simpliste… Incomplète… Mais équation tout de même.

Elle fini par hausser les épaules.


"Vous aimeriez ça, être maître du monde ?"

Elle affiche un instant une moue pensive avant de conclure.

"Moi non en tout cas…"

Il faut dire qu'a la vue du monde qui est le leur, être l’entité suprême n’aurait rien de bien grandiose… Eh puis, ils sont déjà un paquet sur le coup… Charlotte qui se charge du bas… L’homme à la défaillante grammaire qui s’occupe du haut… Un boulot ni fait ni à faire, tout ça...

Elle jette un regard a la peluche que la rousse caline(?), malméne(?)... Triture en tout cas.


"Il a un nom cet ours, Katie… ?"

Le sourire est avenant et la voix dénuée du moindre poids, reposante, apaisée, fin filet d'air qui ne dérange qu'à peine l’ordre invisible des choses.
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Ven 9 Nov 2012 - 14:03

C'est qu'elle reprend vite du poil de la bête, la Katie. Oh, physiquement, elle paraît toujours HS...nul doute qu'elle ne pourrait pas sauter à cloche pied sur un kilomètre en hurlant à tue-tête des virelangues... Mais on croirait la bouille du petit fantôme envahi par un sortilège...un esprit malin... Passer aussi vite d'un abattement total à une conversation plus ou moins enjouée tient du petit miracle.

Car le délire sain reprend ses droits.

Sasha l'amuse. Un rien l'amuse... Elle a oublié la raison de sa présence ici, et pourquoi cette jeune élégante -ou intrigante- tient tant à lui tailler le bout de gras...

C'est pas un ours, c'est un kien. Mais il a un nom d'ours. Teddy c'est son blaze.

Elle observe alors sa peluche, lui tripote le ventre avec un pouce, et, de l'autre, caresse son crâne et son cache-oeil en forme de coeur.

Sacré vieux copain... Il a vraiment un genre tapette, quand même, pour un pirate. Les gens ont du mal à le prendre au sérieux. Pourtant c'est un dur. Mate les cicatrices...

Et elle, est-ce qu'on la prend au sérieux ? Est-ce un sujet si léger que ça...?
Cette chose inanimée a peut être plus d'existence que certains êtres humains...zombifiés ou non...

Elle reporte son attention sur Sasha, et se l'imagine.
C'est la dame aux chats. Il pourrait y avoir un gros angora sur ses genoux. Ou un persan. Ou un sphynx. Ou un bête chat noir de gouttière... Ou toute une horde de matous suivant ses jupons et sa longue chevelure... On ne saurait jamais pourquoi elle les attire autant. Ce serait même hors de sa volonté... La dame aux chats.


Et pourquoi pas, maître du monde ? Moi je m'ennuierai pas, hein. ...ça doit être pas mal, être une sorte de dieu. D'abord je figerai ce monde là, genre hop, pause, pour réfléchir, parce que c'est pas le mien, je l'ai pas conçu, mais c'est à moi qu'on refile le bébé, vu que l'ancien maître du monde il s'est désintégré. Ah tu parles d'un boulet toi ! Voilà qu'est pas d'la tarte pour débuter...
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Service psychiatrique de campagne
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