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 Service psychiatrique de campagne

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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Ven 9 Nov 2012 - 21:56

Pas de chichi + nounours + kienkien + moqueuse + espiègle = Katie Toole

"Un kien… Evidement, oui… "

Sasha rit, elle trouve la rousse pour le moins rafraichissante, comme une bouffée d’air frais en plein cagnard… Si c’est là sa seule folie, cet aspect décousu et imaginatif qu’on dirait tout droit hérité de l’enfance, alors la petite psy n’y voit pas à mal, bien au contraire…

Mais l’homme à parlé de Justin Faimoipeur et Vendredi 13 junior, d’urine et de mort… Enfin, de demi-mort… Ce qui peut être le demi de trop... Ou pas.

L'important pour elle, ce n'est pas de savoir si Katie est folle ou malade... Non, c'est de déterminer si son éventuelle patologie la restreint d'une quelconque maniére... Si elle constitue pour elle un frein... Une angoisse... Une menace...

Aprés tout, dans ce monde, qu'y aurait-il de plus fou que de ne pas l'être, au moins juste un peu?

D’un gracieux mouvement de la main, elle se désigne un œil.


"Que lui est-il arrivé au juste ? Je me suis toujours demandée si le fait d’être éborgné était un pré-requis à la fonction ou un simple apparat du costume… "

Elle s’approche un peu et jette à la peluche un regard scrutateur, « matant » ses cicatrices…

"Une tapette… ? Hum… L’habit ne fait pas toujours le moine, et encore moins lorsque le moine en question est un pirate… Eh puis, c’est important l’originalité, si on veut se faire un nom…"

Ci-parlé, elle reprend sa place originelle, bien droite sur sa chaise. Elle reste un moment silencieuse, un petit sourire toujours perché sur ses fine lèvres.

"Eh bien… Vous avez fait pose et le monde est figé… Reste à le comprendre... A le modifier… Vous vous sentez assez besogneuse pour cela, Katie… ? Je veux dire, si on s'y attarde un peu, il doit être sacrément compliqué, le monde…

A nouveau un silence…

"Je me demande si le plus simple ne serais pas de faire table rase, de tout saccager et de repartir sur des bases saines… Non?"
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Dim 11 Nov 2012 - 17:53

Elle ne se sent point très combative pour espérer gagner une once de tutoiement. La dame aux chats est ainsi faite, voilà tout. Forcément. Elle ne tutoie que les chats. Tout est parfaitement normal.

Katie soulève à peine le cache-oeil du pirate d'un ongle précautionneux, et penche légèrement le menton pour y lire le secret qu'elle connaît sans doute déjà... Oui, c'est du cinéma d'enfant.


Les chats visent les yeux...

Légère cruauté... Mais n'en serait t-elle pas un elle-même, de chat ? Souvent taquin, mais si...indifférent. Se nourrissant dans la poubelle des hommes ou par leurs mains charmées, mais n'ayant aucune autre quelconque attention à leurs égards, si ce n'est, parfois, se faire gratouiller le poil, et point trop n'en faut...
En témoigne cet intérêt absent pour le nom de son interlocutrice.
Rester totalement maître des toits inconnus dans la solitude de la nuit...ou devenir un chaton à son papa, un chaton de canapé, qui ne s'aventure qu'à quelques kilomètres à la ronde, un petit chat qu'on va pleurer parce qu'une roue aura écraser son pelage... La voilà, l'angoisse... Comment aimer un homme, un vrai, qui n'est pas un autre chat de gouttière...un vrai...pas un de ces chats bottés...ou un toutou qui se croit chat parmi une meute de chiens débiles...

Feindre l'amour, ces coups rapides, ces petites passions d'un soir égoïste, ça, elle sait faire. Mais se donner, succomber, apprécier, et reprendre le vent mauvais de la rue comme si de rien n'était...non...et rester, finalement...?...peut être que l'homme se lassera de son chat de canapé, et qu'il n'a d'intérêt que sa sauvagerie...

Matou se prélasse à nouveau dans les couvertures, allongée, et ne s'arrête pas de sourire pour autant. Observant du coin de l'oeil Sasha:

Pourquoi tout détruire ? La matière qui est là est intéressante. Peu importe que ça soit compliqué. On est maître du monde, y'a l'temps.

Un silence. Le sourire s'efface, et l'oeil rebondit vers le mur.

Parfois pour modifier, ou quand tout est trop compliqué tel quel, il faut tout casser.
...ça ne veut pas dire désintégrer. Y'a une différence.
Les choses cassées sont toujours réparables.
J'ai rien désintégré.
J'ai jamais rien désintégré...
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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Lun 12 Nov 2012 - 19:50

Tout casser… Elle se demande si ce n’est pas là ce qu’un dieu quelconque à infligé au monde. Elle le voit d’ici, l’être divin, tel un enfant gâté, capricieux, colérique, tout balayer d’un revers de main, souffler les buildings au rithme de son courroux. Simple jeu de construction, château de carte dont il c’est finalement lassé… Déçu peut être par les microbes, les fourmis, les rats, les chats, les chiens ou les hommes… Déçu en tout cas…

Son élan vengeur, pessimiste, toutes ces ruines et tout ce gâchis, tout cela n’est pas réparable, par personne… D’aucunes manières… Quoi qu’en dise ou en pense la petite tête rousse aux éfluves de bon-becs, de barbes à papa et de glaces vanille-fraise.

Elle aimerait avoir son bloc note, il l’aiderait à penser, elle gribouillerait le noir pour ne plus voir que le blanc. Mais elle ne l’a pas, alors elle fait sans, pas le choix. Elle observe Ted et Kate, mais sans y mettre trop d’acuité, d’un regard neutre, sans pensées ni jugements.


"Pas désintégrer non… Bien sur que non… Mais casser ? Casser pour réparer, modifier, embellir… Casser pour créer…?"

Sasha est immobile et son sourire dit clairement "je comprend çà".

"Vous vous souvenez de pourquoi vous êtes ici Katie… De votre déshydratation… De votre chute ? Vous pourriez me dire ce qui c’est passé ?"

Voilà, elle entre dans le vif du sujet après avoir consciencieusement pris soin de l’éviter, mais sans plus, toujours avec le détachement de la conversation courtoise.

Ses membres délicats, ses doigts effilés, osseux, sa peau de lait, sa chevelure de jais… Tout cela lui donne des allures de poupée de porcelaine, d’argile, fragile, qu’un rien suffirait à réduire en morceau. Sa voix ne détonne pas, si faible que tout autre son menacerait de la recouvrir, de l’engloutir...

Elle se montre dans toute sa fragilité, l’exhibe sans prendre l’air d’y toucher, l’accentue comme elle le peu, de petites touches indistinctes… Elle aimerait ainsi redonner un peu de force à miss Toole, d’aplomb, de confiance…

Et qui sait, peut-être en aura t’elle assez pour saisir une main tendue… ?
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Mer 14 Nov 2012 - 20:11

L'on dirait un lapin Duracel dont la pile au cul ne tournerait qu'épisodiquement.

Le silence, d'abord.

Le silence, surtout.

Non pas que madame maladie regagne du terrain.
Non plus qu'elle se désintéresse, pour devenir simple larve alitée, n'espérant comme devenir immédiat et perpétuel qu'une inaction horizontale. Après tout, peut être que le paradis, le suprême état, pour certaines personnes, ne ressemblerait qu'à ça...une condition léthargique, cloué au pieu, sans escarre ni besoin, ni envie, ni droit ni devoir...se réveiller dans un horizon de rien...ne pas penser, car il n'y a rien à penser...et dormir...sans rêve ni cauchemar...un coma sans souillure, sans personne, sans espoir. La mort, peut être.

La respiration est tiède, trop faible et homogène pour exprimer une inquiétude, et trop forte pour exprimer la sérénité. Les paupières se ferment toutes les six secondes sur un regard fixe. C'est un être qui réfléchit dans le miroir absent.

Avant de partager ses conclusions, sans quémander quoi que ce soit en retour. Il faut tendre l'oreille, mais l'élocution est limpide.


Et bien, je crois que je crée parce que je suis contrariée. Souvent, c'est quand je m'arrête quelque part. Je suis contente d'y arriver... Et assez vite, je suis contrariée d'être là et pas ailleurs. Je suis jamais vraiment satisfaite. Quand je crée j'aime bien. Il n'y a plus le monde autour. J'oublie tout, je ne pense plus à rien. Je ne sais jamais ce que ça va donner à l'avance, et je ne sais jamais quand je vais me mettre à créer. C'est comme une envie de faire pipi. Ensuite je regarde ce que j'ai fait, et souvent ça ne me parle plus. Je ne suis plus contrariée, mais c'est comme si je n'avais pas créé ça. Alors je l'abandonne à tout le monde. Mais parfois, je suis encore contrariée après avoir fait quelque chose. Alors souvent, je crée autre chose, et encore autre chose s'il faut, ou alors, parfois, ce que j'ai fait m'agace, et je le détruis, et ça me soulage, je ne suis plus contrariée.
Alors... J'étais juste très contrariée.
Parfois c'est dangereux pour ma vie. Oui.


Retour au silence, et à cette même expression de réflexion en semi-hibernation.
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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Dim 18 Nov 2012 - 18:37

Sasha connait assez bien cette sensation d’être en quête d’un ailleurs, d’un endroit ou elle serait pleinement à sa place. Enfin, plus que d’un autre endroit, c’est plutôt d’un autre temps dont elle rêve, celui que ses parents ont abandonnés à son triste sort par exemple, ou mieux encore, celui ou les parents de ses parents sont nés, ont vécut et sont morts.

Elle y serait devenue chercheuse, et de préférence dans un domaine abscons n’intéressant personne, mis à part quelques férus. En parallèle, elle aurait batifolé et folâtré avec tout un tas de perdreaux, comme elle le faisait dans sa jeunesse, picorant de tout et de tous, sans vergognes, sans contraintes, sans soucis.

Bien sur, elle aurait vieilli, fatalement, et l’heure venue, elle ce serait dégoté un type un peu plus valable que les autres pour lui faire un gosse. Elle l’aurait peut être gardé –le gosse, sur, mais le mâle ?-, ou, plus surement, l’aurait renvoyé dans ses pénates sitôt sa tâche procréatrice accomplie.


"Il n’est pas de pire danger pour la vie que la vie, pas vrai ?"

Toute une existence fantasmée vécue en quelque seconde, cela à de quoi vous déboussolé. Cependant, le cours du temps la rattrape, lentement mais surement, l’arrachant à ses pensées et la rendant au présent… Un peu hébétée…

"C’est un peu… C’est un peu syndrome du matou…"

Qu’est ce qu’il lui prend de parler de chat ? Elle rit, comme pour alléger la cocasserie de ses mots, puis s’explique.

"Parfois… Parfois il se frotte à votre jambe, miaule et vous jette des regards implorants… Il quémande des caresses vous dites vous, c’est certain. Pourtant, lorsque finalement vous lui administrez le traitement, et dans le sens du poil, cela vas de soit, il finit bien vite par ce lasser, comme si la chose ne lui était plus si délicate une fois frappée du sceau de la réalité. Appellons cela... Je ne sais... De la frustration instinctive..."

Elle hausse légèrement les épaules, puis souffle sur une mèche qui à cru bon de venir lui obstruer le regard. Elle déteste cela, les mèches rebelles, ça la contrarie. Elle ce demande d'ailleurs si c’est ce genre de contrariétés là dont parle la rousse et qui commandent le méchanisme de ses errements créatifs.

Mouai... Sans doute pas...


"Alors il s’en retourne, au mieux sans un regard, au pire en vous gratifiant d’un rapide coup de griffe accompagné d’un feulement irascible."

Elle chasse les cheveux importuns, les remisant avec les autres, à l’arrière. Celà la rempli d'aise..

"Il vous arrive parfois de pester contre lui, et rien que de naturel à cela, entre nous. Mais vous comprenez bien vite qu’en réalité, il n’y est pour rien, il est tel qu’il doit être, voila tout. Et ce n’est pas son cheminement hautain qui vous contredira... "

Sa main gauche louvoie, mimant de manière pas si évidente que cela le « cheminement hautain ». Elle marque une pose, un peu pensive, avant de conclure.

"Dites-moi Katie.... pensez vous que vous êtes telle que vous devez être, à l’instar du matou ? Ou alors… Ou alors cela vous est il perçu comme un frein, comme une contrainte à laquelle vous aimeriez remédier?"
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Mer 21 Nov 2012 - 0:37

Finalement, ne réside qu'un fait, quand la dame aux chats raconte son histoire de chat.
Les événements, lointains et proches, tendent à se compresser. L'histoire coagule. Ne reste des immenses flots qu'une misérable miette de pain. Qui pèse pourtant une tonne.

C'est une enfant. Avec un oeil au beurre noir, et un joli chouchou dans les cheveux.
Des Converse vert pomme se soulèvent lentement du sol, mais le plancher grince quand même, entre les ronflements humains et ceux du générateur.
Les chaussures font du slalom entre des bouteilles en verre. Un soleil timide caresse sagement des grains de poussière paresseux, à travers une fenêtre au trois quart condamnée.
Il faut dépasser une cage de fer, pour atteindre la principale porte d'entrée. L'accouplement de la serrure et de la clef, mais surtout, leur jouissance, s'accomplissent dans la douleur: c'est dur, ça fait mal. Il faut avoir une force de taureau. L'enfant tire sur la manche de son pull-over mauve, et en recouvre sa paume et ses doigts blancs. Enfin, les gonds chahutent, et l'enfant sert les dents.
Elle n'a pas de clef, pour l'autre obstacle. Alors elle utilise l'empirisme, et quelques amis tangibles qu'elle a fabriqué seule, composés de débrouille, d'échecs, de temps, et d'une victoire sans mode d'emploi. Mais aujourd'hui, les mains qui tiennent les outils sont moites. Elles ont la tremblote. Ce n'est plus un exercice défendu. Ce n'est plus simplement maman, ou un ami de papa, qui oublie connement de fermer la porte, et en paye les lourdes conséquences. Car papa, il paraît, a depuis hier confisqué tous les jeux.

L'air ne caresse pas son visage.
Son fond est feu.
Cette ville empeste le sale grille-pain mourant, sur le point de faire sauter tous les plombs.
Au loin, ou tout près, quelque chose claque ou explose, toutes les vingt minutes en moyenne.
On se demande, à force, si le bruit n'est pas qu'un lointain écho imaginaire.

L'enfant tourne le dos à l'amour d'une mère, la violence d'un père, et referme les poings sur les bretelles de son sac à dos Titi.
Dedans, l'irréductible Teddy The Dog, et une figurine de Snoopy qui pilote un camion de pompier.
Elle ne court, ni ne pleure. Elle halète et chancèle, l'air hagard, mais avance. Minuscule, dans l'horizon huileux.

Les yeux secs de Kathleen se referment. Elle se racle légèrement la gorge, et pince les lèvres sur un dernier soupir.


Être tel qu'on doit être, c'est déjà une contrainte, non...?...tout est contrainte...les remèdes imposent d'autres contraintes...c'est...insoluble...


Dernière édition par Katie Toole le Dim 25 Nov 2012 - 15:17, édité 1 fois
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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Ven 23 Nov 2012 - 2:00

Sasha prend un temps de réflexion et admet.

"Tout est contrainte, oui..."

Avant de tempèrer.

"Mais toutes les contraintes ne se valent pas… Je pense…"

Son sourire est toujours aussi sobre, aussi doux, tel un duvet de coton apaisant, il semble promettre à tout genou cagneux d’adolescents, « mercurochrome » et « pansements ». Cependant plus haut, son regard de noisette à changé, il c’est fait moins diffus, plus aigu, comme s’il avait aperçu au loin un fin fil de soie… Un fin fil à ne pas perdre… L’origine du tricot…

"Respirer, dormir, manger ou boire par exemple… Ce sont là des contraintes que notre corps nous impose, mais elles sont naturelles et nous en retirons quelque chose, des bénéfices, du plaisir… la vie…"

Elle se tait un instant, comme pour faire intérieurement le point sur ses propos à venir. Quelle poisse, ce serais tellement plus simple avec un maudit calepin... Pour noter, pour gribouiller, pour s’occuper les mains… Elle laisse échapper un infime soupire.

"Parfois, l’existence nous blesse… Nous blesse vraiment… Nous laissant de ces plaies qui ne se referment pas, qui demeurent en deçà des cicatrices, petites épines d’aciers figées sous nos chairs… Invisibles... Mais pourtant tellement présentes... Il arrive qu'on parvienne à les oublier, à les occulter, qu'on jure jusqu'a s'en convaincre qu’elles nous quitteront si nous sommes assez forte… si nous fuyons assez loin…"

Etrange, mais par delà le ton calme et de la douceur de la voix, comme sous jacent aux mots, une musique triste et personnelle semble battre la mesure en chef d’orchestre effacé.

"Alors, lorsque tout vas bien, cela peut marcher un temps. Mais ce n'est qu'une illusion, un réve, une tréve... Un jour, un instant, la sérénité s’étiole, même à peine, et l’on sent ressortir les démons dont on se croyait débarrassée à jamais… Ils nous attrapent à la jambe, et nous entrainent vers le fond de leur abyme, nous laissant bien plus bas encore qu’avant…"

Elle se tait, et le silence qui s'intalle est un peu lourd, un peu poisseux, il sent le ranci et pèse sur l’estomac. Elle le hait, elle le chasse, il n’a rien à faire là…

"C’est ce type de contraintes que j'évoque, Katie, de celles qui, une fois bannies, guéries, soignées, n’apportent rien d’autre que du soulagement. Car si c'est bien de cela dont il s'agit, il faut mettre à mal la bête, lui limer les griffes, lui écarteller la machoire et lui arracher les crocs... la laisser à terre, pas morte non, car cet engance là ne meurt jamais, mais apprivoisée, inoffensive, et pour toujours… C’est la seule façon…"
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Mar 27 Nov 2012 - 11:06

Lentement mais sûrement, le sirop de la dame au chat commence à se faire poison. Un aiguillon négatif. Une attaque. Kathleen est un château de cartes qui dans un souffle peut s'envoler, et se reconstruire derechef par le même vent. Elle s'agite faiblement dans les couvertures, change de côté, soupire, soupire encore. Désintéressement, agacement, ou simple besoin de calme. Elle ne dit rien pendant un long moment, se contentant de faire glisser ses jambes sur la couche, pour les frictionner mutuellement. Sa voix ne murmure plus, elle est fatiguée, éraillée, mais surmonte ses faiblesses...

Cette conversation...

Elle rouvre les yeux, et fait la moue à sa peluche.

Dis voir, j'suis un peu K-O là... C't'un peu d'l'abus...

Dos tourné à Sasha, elle embrasse mollement son Teddy, et le serre un peu plus fort contre sa joue blême.

Je voudrais parler avec Aslan... Mais...c'est ça la contrainte...il semble tellement...fâché contre moi...
J'ai aussi peur d'le repousser...que d'l'attirer...ce s'rait tellement plus facile...qu'il n'existe pas...ou soit différent...voilà, cette contrainte là...
Mais...c'est ma vie...privée...n'est-ce-pas...?...
J'ai pas besoin d'arbitre, d'amourologue, d'exorciste, ou d'marabout...

Elle se retourne sur le dos, et observe le petit bout de femme en plissant ses yeux félins mais myopes, tout en remontant placidement sa couverture vers le menton.

Qu'est-ce que tu fais ici, la copine ?
...je n'suis vraiment pas celle qui a besoin d'ton aide, sur cette terre.
J'me débrouille...

Elle se renfonce à nouveau sur le côté, dos à Sasha.

J'suis Katie Tool, l'aventurière...
J'pète la forme, c'est juste comme un p'tit rhume.
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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Mar 27 Nov 2012 - 22:30

Sasha n’à jamais vraiment rencontré d’aventurière avant aujourd’hui, mais force lui est de constaté qu’elle ne s’imaginait pas la bête ainsi, se terrant sous les draps au moindre coup de tonnerre. Comme quoi, le fantasmé parfois…

Elle n’en acquiesce pas moins de la tête, façon de dire qu’elle à bien reçu le message, même si celui-ci à plus des airs d’auto-persuasion que de vérité. Miss Toole n’a pas besoin d’aide, elle vient de le lui dire, et qu’elle mente ou non ne fait pas la moindre différence. Pour la jeune fille aux longs cheveux de jais, paroles et désirs sont d’ors, c’est aussi simple que cela.

Peut être existe-t-il quelque part une race de médecins qui contraignent leurs patients, qui les obligent à ce soigner, et ce, qu’ils le veuillent ou non… Des médecins qui auraient fait de la normalité, de la santé et du bien être un sacerdoce sacré, un objectif inébranlable. Si Sasha est médecin (et cela est loin d’être certain tant elle n’en à pas la vocation), elle n’est certes pas de ceux-là.

D’abord, elle ne supporte pas la coercition, il n’y a rien de pire que de contraindre les gens. La liberté, voilà ce qui prime… Et elle ne pense pas à celle qu’on ce procure à petit prix, à celle de superette que l’on oublie sitôt acquise au fond d’un placard et que l’on ne ressort qu’en de rares occasions, non, elle pense à la vraie, à celle qui ne connait pas de limite et qui ce doit d’être toujours à portée de mains, prête à servir…

Ensuite… Ensuite elle trouverait bien triste que parfois, la folie n’égaille pas la vie d’un peu de couleur… Ce monde lui parait bien monochrome…

Eh puis s’imposer, elle déteste cela, presque autant que les viols, que les hommes, et que les couteaux qu’on s’enfonce soit même dans la pense pour ce débarrasser de corps étranger, de parasites indésirables qui se retrouvent là, sans vergogne ni autorisations… Persuadé peut-être que l’endroit leur est dut… Quelle impudence !

Elle se machouille la lévre inférieur et se léve, époussetant son pantalon d'un petit geste discret.


"Très bien Katie, je ne vous ennuierais pas plus longtemps..."

Elle sourit.

"J’ai été réellement charmée de faire votre connaissance, et j'espére avoir la chance de voir un jour vos créations. Prenez autant de repos qu’il vous est nécessaire… Humm... Et je vous préparerais une petite décoction pour votre problème de déshydratation... "

Elle se dirige vers la sortie, laissant l'aventuriére au bon soin de son pirate de Kien...
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Jeu 29 Nov 2012 - 21:00

Pendant ce temps là...
Un peu plus loin...
Là-haut, dans la chambre de Kate...


"Et voilà... T'es content Öztürk, t'as gagné l'gros lot, c'est toi qui ramasse.
Qui ramasse des claques dans ta GUEULE...
Un vulgaire GO pour club med à bourgeoises...
Gros con... T'es qu'un gros con...
"

Des débris de toutes sortes volent dans la cour intérieure et c'est un curieux couloir aérien qui semble surgir du cadre de la porte.

"Me faire ça à moi, à MOUAAAAAA !
Un simple souvenir de vacances, voilà c'que t'es...
Et bah... Elle est belle la carte postale...
BRAVO !!!
"

*COIN*

"Oh toi ta gueule..."

*CCCCOOOOIIIIIIIIIIIIINNNNNNNNNNN...*


Low kick, bien frappé, légèrement lifté, un canard en plastique décolle dans la pièce en direction de la sortie
Le tir est cadré, tout semble gagné d'avance, mais sous les yeux ébahis du public, un manche à balais courageux s'improvise gardien de but et intercepte la balle.


*COIN.*

Le stade est sonné, le geste est magnifique et le sportif, emporté par son élan, s'étale de tout son long.
La balle est de nouveau dans la surface de réparation.


*COIN. COIN. COIN.*


Toujours derrière la ligne d'en-but, l'action n'est donc pas terminée, et le canard, casaque jaune, n'a pas dit son dernier mot. Canard tente maintenant un petit pont entre les 4 jambes du défenseur. Canard, Tabouret, Canard, Tabouret, Canard... OUCH !!! Contact ! L'arbitre semble absent, pourtant on craint quand même le carton...

*COIN. COIN. COIN.*


Carton rouge ? Carton jaune ? Non. Finalement c'est le carton en équilibre.
Mi-temps, on passe l'antenne à la gymnastique.

L'acrobate cartonné s'élance de la chaise sur laquelle il était en équilibre.
Les jeux sont faits, rien ne va plus, l'atterrissage est brutal mais se termine sur les appuis après un élégant triple lutz vrillé, avec réception sur planche en bois. On croit passer maintenant à la poutre, mais c'est le retour dans le stade pour le ô combien passionnant lancer de marteau.

La catapulte à déchets improvisés est impitoyable, l'attaque est lancée, et on ne vise plus la lucarne. Le projectile atteint son but, l'encadrure est sauve, mais la porte s'écroule, elle sort de ses gonds, abattue, défaite, humiliée, elle croule dans un cri sourd et fond dans d'épaisses larmes de poussière.

L'équipe locale ne sera définitivement pas qualifiée cette année et le silence s'étend maintenant longuement dans les gradins...


"...
Kof, kof, kof...
Euh...
TOUT VA BIEN !!! JE CONTRÔLE LA SITUATION !!!
C'EST RIEN !!! C'est rien du tout, bordel de merde, sa mère la pute la chienne de sa race...
"

Mieux vaut prévenir pour rassurer les éventuels badauds, tout en douceur bien sûr...

Le turc se sent plus seul que jamais, mais dans ce cas précis, préfère largement le rester.
C'est le signe d'une longue fin de journée.

Il comprend enfin que le temps est à la réflexion plutôt qu'aux émotions brutes et passionnées. Alors il se retire, enfin, ne pensant plus qu'à laver cet affront et surtout ce front dégueulasse, et ce corps crasseux.
Cela l'aidera sûrement mieux à réfléchir, à comprendre l'objet de ces colères, les fondements d'un amour naissant et peut-être trop embarrassant, ou dangereux... Il ne pense donc déjà plus qu'à la revoir, sans savoir pour autant comment il pourra vraiment s'y prendre...

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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Jeu 29 Nov 2012 - 21:09

N'avait t-elle jamais levé le nez vers le toit du laboratoire, ou tourné son regard vers l'une des niches qui jouxtent la porte du bar ?
Voir...si...passif...
Si Katie ne semble aucunement attachée à ses oeuvres...ne jamais vraiment se vanter de cette maternité...
Elle se souvient de cet épisode, à New Vegas, ou il avait suffi d'une statue pour qu'une personne voue un étrange culte à l'objet, en lui apportant des offrandes...et même...plus tard...en la faisant évoluer...
Oui, que son art ne soit pas seulement un spectacle, voilà au fond ce que désirait la petite Kathleen... Que l'objet, se fasse dérober, gâter, piller, habiller, accompagner, démolir, au gré de sa consistance et de sa dimension... Mais que quelque chose se passe, bon dieu...
Les musées sont comme des cimetières.


Salut, la copine...

Elle s'en retourne aux brumes des céphalées...

Mais...

Si elle a tout détruit...

Si elle a tout abandonné...

Elle ne peut s'empêcher de penser, au fond, tout au fond, à ce gros tas d'ordures.

Et, dans un demi sommeil abrutissant, les doigts qui tiennent Teddy ne rêvent pas d'un homme, mais de lui.
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Sasha Grey

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Jeu 29 Nov 2012 - 22:47

Sasha reviendra un peu plus tard chargée d'un flacon emplis d'un liquide à la senteur douce-amère du geniévre et à celle citronnée de la mélisse. Elle prendra garde de ne déranger ni Katie, ni Ted, ce contentant de déposer l'offrande à portée de mains et de regard.

Sur le corps de la bouteille, une étiquette collée et détaillant la posologie d'une écriture fine et gracieuse… Si appliquée qu’elle en passerais presque pour une calligraphie :


"A consommer sans modération"

Chose faites, elle ressortiras par où elle est entrée, laissant l'aventurière et le pirate à la barre de leur navire, vogués sur une mer de draps...
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Anton Farzeen

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MessageSujet: Re: Service psychiatrique de campagne   Mer 5 Déc 2012 - 19:30

Il n'a pas écouté tout ça, comme promis. Il était dans son bureau, à travailler. Il fini cependant par entendre Sasha Grey s'en aller, la séance est finie. Alors il se lève. Et d'un pas lent, et surtout sans bruit, il va vérifier le dortoir.
Juste histoire que tout va bien.

Elle semble se reposer, c'est que tout va pour le mieux. Le repos sera le meilleur des traitements. Du repos, et de l'eau.

____________________
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Service psychiatrique de campagne
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