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 Aurevoir, ou à jamais

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Katie Toole
L'Aventurière
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MessageSujet: Aurevoir, ou à jamais   Dim 24 Fév 2013 - 17:52

Il est sept heures du matin.

Comme petit déjeuner, une bière, une des dernières qui restent du stock de Porta.

C'est un fait, si cette ville ne distille pas au plus vite son propre alcool, elle courre à sa perte.

Sept heures du matin, donc.

La rouquine ouvre sa petite boîte en ferraille, aux motifs torsadés.
Elle fourre entre ses lèvres une Popular de Cuba.

Le briquet aux couleurs des confédérés roulent entre ses phalanges cerclées de pimpants anneaux.

Sur sa tête, son dos, et à ses pieds, tout l'attirail de "l'aventurière Tool".

Une gorgée de mousse.

Il viendra, c'est certain.

Et autrement, tant pis pour lui
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Aurevoir, ou à jamais   Dim 24 Fév 2013 - 22:24

La taverne est vide désormais, ce n'est plus qu'une vulgaire cuisine collective, l'ambiance morne est tombée avec l'automne et les assiettes sales de la vieille y attendent encore parfois leur vaisselle.

Elle ne s'est pas trompée la guêpe, les seules choses qui restent encore stables en ce moment, ce sont les horaires matinaux du Turc, ça et se raser... Sûrement une question de dignité... Que ce soit libre ou dans un camp de prisonnier.

L'homme, tenant sa lampe à huile descend les marches le sourcil relevé. Il est le premier d'habitude, et la lumière déjà présente annonce comme une pointe de changement. Il se demande bien ce qui l'attend en bas, et à quelle sauce il va encore être mangé...

Il pense déjà au pire et c'est bien le pire qui se présente. Ses pas s'arrêtent devant le comptoir et ses yeux se figent sur la jeune femme dans ses habits d'une toute autre lumière. La voilà telle qu'il l'a rencontré, arnachée de toutes ses fantaisies et de toutes les voilures nécessaires à la route, à sa vie d'aventurière et de nomade.

Il ne dit rien, il n'y a rien à dire, le cliquetis du briquet entre les boudins ferreux fait un temps la conversation.
Le Turc pose sa lampe, comme pour signaler sa présence et sa peau tremble de ce qu'il pourrait bien à avoir à écouter.


"Tu... Tu nous quittes ?"

Tu est à sa place, Nous... C'est un Nous qui semble vouloir dire Moi...
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Aurevoir, ou à jamais   Lun 25 Fév 2013 - 0:51

J'crois qu'j'vous ai jamais vraiment rencontré...
Et qu'ça n'arrivera p'tête ben jamais...


Les santiags se posent sur la table, à la fraîche.

On est pas bien là, ma couille...mouarf...

Elle repousse plutôt du talon une assiette ébréchée, où moisissent quelques résidus de repas. Des champignons, en plus d'un peu de "verdure" et de "viande blanche", voilà qui fait un repas sain et équilibré...

Ambiance pourrie, donc, fin de fête, fin d'année, fin de siècle... A quand le millenium...

Mais en crachant sa fumée, Kathleen sourit largement, la nuque renversée vers l'arrière, les bords du chapeau à angle droit avec le plafond et le sol:

On peut gérer ça de deux façons...

Elle jette sa cendre au sol, la bougresse. Lorsque son visage se redresse, ses prunelles sont réduites à deux fentes félines, plissées par l'âpre fumée, mais concentrées sur la silhouette massive d'Aslan.

J'ai pas très envie de pleurer.
Alors viens z'y don' m'embrasser...
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Aurevoir, ou à jamais   Lun 25 Fév 2013 - 21:37

Douche froide, douche écossaise, iceberg du Titanic, appelez cela comme vous voulez, mais c'est plutôt une chape de plomb qui s'abat soudainement sur le souffle du Turc. L'homme s'adosse un moment contre le comptoir, bras bien écartés, ses mains reposant bien dessus, la tête en direction du ciel. Il expire bruyamment, un long soupir, une complainte...

"Ouah... Et bah..."

Il la regarde un moment comme une étrangère, car elle était bien telle qu'il l'avait connu, pleine de barrières et soudainement inaccessible, un drôle de retour en arrière en aussi peu de temps... Aslan reluquerait bien ses pieds plus longtemps comme un enfant meurtri, blessé, tabassé, mais dans ces moments là... Le peu de fierté qu'il vous reste vous pousse à regarder et à sourire.

Le Turc attrape donc sa lampe à huile, approche lentement de la table où les santiags de Kate se sont installées, et l'y dépose. Il caresse une joue blanche et voluptueuse, dévisage ces lèvres, ces yeux, ce front délicat et ce petit nez mutin. Il caresse cette mèche rebelle, de cette couleur merveilleuse et qui était sienne, ces cheveux de feu avec lesquels il aimait jouer tant. Il se penche enfin et vient déposer ce baiser d'adieu qu'on est venu lui réclamer, ce baiser simple, tendre, franc et sans prétention. Le voilà qui murmure maintenant, tout en se redressant, son regard plongé dans le sien..


"Tes lèvres sont froides comme tes paroles ce matin...
Et si la même température parcourt ton coeur, je ne préfère pas le savoir...
"

Puis, un petit rictus en coin, admirant ses ongles tel un dandy vérifiant leur brillance, il ajoute.

"Bon... Et bien... Je suppose que je trouverai plus de chaleur dans le creux des nichons de Chavrou, de toute évidence..."

Il jette un oeil à ce chapeau, attendant sa réaction imminente. Si tout cela n'est qu'une comédie, il va le savoir sous peu. Si tout cela n'en est pas une... Et bien... Il s'en mordra la queue ?
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Aurevoir, ou à jamais   Lun 25 Fév 2013 - 23:19

Les remarques ne la rendent pas des plus guillerettes. Elle plonge ses lèvres dans la bière, les lavent de la rencontre, et y fait fondre son sourire. Kathleen regarde désormais ailleurs, le regard vide, prenant encore quelques instants pour se dédier uniquement à la cigarette.

Elle débarrasse ses jambes, pour écraser son mégot dans l'assiette.
Les coudes appuyés sur la table, ses mains tripotent son verre, sans jamais trouver leur place.

Les mots doivent rester coincés dans sa gorge, car elle reste parfaitement muette.
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Aurevoir, ou à jamais   Mar 26 Fév 2013 - 0:13

On est toujours lâche dans les jeux qu'on lance et le Turc n'y fait pas exception. Il devrait s'en réjouir, certes, mais n'y parvient absolument pas.
Et puis qui sait ce qu'elle garde au fond de la gorge...
Mais peu importe pour notre homme, il se sent soudainement stupide, grossier, vulgaire, comme un gamin coupable d'un mauvais tour, son sourire malin disparait peu à peu et sa gorge se ressert à son tour. Il faut vite briser le silence qui s'installe et lancer une dernière sortie, celle de la défaite ou de la gloire, de l'humiliation ou du miracle...
Alors il se baisse, s'accroupissant à sa hauteur. Il attrapera sa main délicatement si tenté que Kate veuille bien se laisser faire, se laisser toucher, se laisser caresser.


"Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée, Katee.
Et la seule femme qui pourra m'enlever, elle viendra me chercher quand j'aurais des cheveux blancs, au détour d'un mauvais chemin.
C'est toi... Que j'aime. Tu comprends ?
Toi. Et je ne sais pas encore comment je vais m'en remettre à vrai dire...
"

C'est lui qui ne parle plus maintenant, qui préfère regarder ailleurs, qui préfère serrer les dents, le temps que ça passe, le temps de pouvoir la regarder de nouveau et d'attendre que sa langue veuille bien se délier.
Pour le meilleur ou pour le pire.
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Katie Toole
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MessageSujet: Re: Aurevoir, ou à jamais   Mer 27 Fév 2013 - 22:23

Ah, la barbe ! Cette binouze tourne au vinaigre. Toujours à se répandre, à en faire des caisses, à vouloir jouer sur la partition du mélo. Son amoureux... Elle soupire bruyamment, et détourne un peu plus la tête. Il la veut vraiment comme une madeleine, c'est pas dieu possible. Quel choupinou guignol. Sa main reste raide aux premiers attouchements; elle est sur le point d'exploser, la gamine; oh certainement pas de rage, mais plutôt de tristesse et de...scrogneugneu, en bafouillant quelques excuses ou prétextes larmoyants, entre deux hoquets.

Alors pour ne pas chialer, comme la petite gonzesse au fond de son coeur le voudrait, elle se concentre sur la crasse à venir, les bestioles qui vous rongent, le sommeil précaire, les intempéries, le froid, les courbatures, les terrains chaotiques, les blessures quotidiennes, les autres êtres humains, et parfois la nausée... Tous les ennuis, les tracas, toute cette merde qu'elle a fait sienne depuis des lustres; son kif, sa came, son fix, c'est la route, la sale, la dégueulasse, la dangereuse. Tantôt si belle...
Mais surtout, surtout, elle pense aux trésors, petits et grands, cachés là, quelque part, dans le tréfonds des ravages, ou dégueulés de la Terre, à moitié digérés, par le mauvais vent, la boue acide, ou les homo sapiens... Ils l'attendent ou la fuient.

Sans s'en apercevoir, sa main s'est détendue pour caresser tendrement celle d'Aslan, alors que l'autre s'est posée sous son menton, lequel est désormais surmonté par un sourire élargi de rêveries. Ne prendrait t-elle pas ces doigts pour quelques babioles sans intérêt chez le commun des mortels, dénichées au fond d'un placard garni de blattes luisantes et grasses, dans le recoin d'un bunker loué par une famille de squelettes, autour d'un cratère que borde une autoroute difforme...?...ou dans le sac d'un pauvre hère, trop blindé de cocktails chimiques pour prendre garde...dans les poches du pilier de comptoir, trop affamé de femmes pour ne pas tomber sous le charme de quelques mots et manières, et surtout d'un cul...



Oui, Ils ont été emportés, par la passion, la découverte, les belles images futures...les rêves guimauves de la petite gonzesse...la belle famille nucléaire souriante...comme si former un superbe couple allait effacer l'image de Papa fracassant la mâchoire de Maman à coups de tabouret...si seulement Papa avait tué Maman...si seulement...tout serait différent...

Mais il n'y a pas qu'une petite gonzesse, face au Turc...ou une artiste bonne vivante un peu fofolle... Non, il y a une de ceux dont on prête parfois dans les rades quelques sobriquets plus ou moins valables...Road Dreamers, Relics Hunters, Broute-Bitume, Mange-Passé, Los Polvos, ou encore Stalker... Des fêlés de la miette et de la poussière. Oh, bien sûr, ils sont si différents les uns les autres... Leurs méthodes, leurs habitudes, d'un extrême à l'autre, parfois. Mais cela reste de la racaille...des pirates du wasteland...
Aslan a t-il donc oublié si facilement qu'il avait en face de lui un pur produit moderne, forgé dans l'Apocalypse ? Né de la route. Ayant troqué ses racines contre une nouvelle famille: non pas les autres survivants, mais les ruines et les gravats ?
A t-il oublié qu'il avait en face de lui une petite gonzesse qui a arraché de la misère son personnage parfait, son moi divin, un héros narcissique et égoïste, dont les talons d'Achille ne sont que quelques souvenirs douloureux enfouis, et des pincées involontaires de sentiments puissants, comme l'Amour ?

Kathleen frotte son pouce contre la joue rugueuse d'Aslan.
Et elle lui dit, verre d'alcool au bord des lèvres, à sept heures du matin, toute illuminée de ce merveilleux sourire:


C'mon darling...
Moi aussi j't'aime. Et j'aime cet endroit. Alors j'reviendrais.
Mais toi, ta place, c'est encore ici.
Et moi, c'est partout.
J'suis encor' trop excitée pour jouer les casanières...
J'ai la bougeotte.
Alors si c'est trop dur, laisse-tomber.


Et de boire une gorgée, comme son petit lait, matou satisfait.
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Aslan Öztürk
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MessageSujet: Re: Aurevoir, ou à jamais   Sam 2 Mar 2013 - 19:06

Méli-mélo, mélodie pour milady, ou expression caractéristique d'un ancien enfant souffrant d'un sentiment d'abandon.
Il croyait perdre son trésor, lui aussi, son joyaux quoi, la prunelle de ses yeux (oui, son précieux).

Bercé par ses caresses et par ses mots, l'homme pèse le pour et le contre de chaque chose, affublé de sa mine boudeuse, entre clown blanc et Auguste, jamais vraiment à sa place, ni dans l'un, ni dans l'autre; dans ces simples postures, ces simples apparences, le Turc ment en permanence sur ce qu'il est vraiment.

Il ne rêve pas de famille, lui, pas de foyer, il ne pense pas encore au berceau, non.
Lui, tout ce qu'il cherche, c'est tendresse et affection de l'être aimé, quasi vénéré...

Il se sent privilégié, mais aussi maudit, il se plait à croire qu'il est apprivoiseur de fée, qu'elle est la fleur apparaissant au milieu du no man's land, la fleur pour laquelle on sort à découvert, quitte à se faire tuer, quitte à se faire dégommer. Et qu'importe puisqu'elle incarne innocence et pureté, puisqu'elle n'est pas de ce monde et n'en est pas coupable, puisqu'elle vient d'un monde enchanté, puisqu'elle l'emportera ailleurs, dans son monde meilleur...

Bon...
Il ne s'agit pas de la description d'une sainte non plus, hein ?
On vous l'a dit, c'est une fée.

Mais il la connait bien sa fée, le soldat ottoman, et bien plus qu'elle ne le croit.
Il sait que ses jambes s'agitent déjà depuis un moment, il sait qu'elle est restée pour lui, qu'elle a sacrifié de ses envies pour rester avec lui, qu'elle ne veut pas l'emmener loin de ses collines, qu'elle a conscience de son besoin de rester ici. Il sait qu'elle sait, mais il aimerait aussi qu'elle sache qu'il sait qu'elle sait. Vous suivez ?

Et s'il a bien une chose pour laquelle il ne la prend pas, c'est pour une folle ou pour une allumée, non, tout ça, ça n'est rien d'autre que le vernis, c'est ce qui cache l'être au tréfonds, cet être sensible, fragile et délicat, n'ouvrant qu'à très peu, ses rêves mélodieux...


"Tout ce qui m'importe, c'est d'avoir une place dans ton coeur, tu comprends ?
De ne pas être rien à tes yeux.
"

L'homme repose la main de son amante avec délicatesse, puis se redresse pour venir se placer derrière son dossier, entreprenant de lui masser les épaules, le temps de quelques paroles.

"Je ne vais pas te dire de faire attention, je sais que tu feras attention...
J'vais pas te souhaiter bon courage, tu m'sembles en être plein...
Par contre, j'te demanderai de rev'nir avant que j'ai des ch'veux blancs.
Ou que j'm'en fasse...
C'qui s'rait pire entre nous.
Parce qu'après on les perd et c'est tout pas beau.
"

Il réajuste alors le col de son aventurière, touchant encore une fois sa crinière, il lui enlève son chapeau pour l'embrasser sur le front.

"Je vais seller ton cheval, Miss Magellan, finis donc ta bière."
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